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13 juillet 2017

Exercice international simulant un événement radiologique

Pendant deux jours, la Centrale nationale d’alarme (CENAL) a testé dans le cadre de l’exercice ConvEx3 avec des équipes nationales et internationales les processus appliqués en cas d’événement radiologique à l’étranger. Le scénario de l’exercice était basé sur un accident survenant dans la centrale nucléaire de Paks, en Hongrie. Étant donné que plus de 450 réacteurs sont en service à travers le monde, la CENAL a accordé une importance particulière à la préparation de ce scénario. La collaboration avec les différentes organisations dès la phase initiale de l’événement est l’un des facteurs déterminants pour pouvoir prendre rapidement les mesures qui s’imposent.

Organisés tous les quatre ans sous l’égide de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), les exercices ConvEx (Convention Exercises) permettent de s’entraîner à la maîtrise d’un événement impliquant une augmentation de la radioactivité. Ces exercices d’envergure servent surtout à tester les procédures de communication internationales, que les États membres de l’AIEA sont tenus d’appliquer. Chaque pays doit ainsi notifier à l’AIEA les événements radiologiques, notamment ceux pouvant avoir des répercussions au-delà de leurs frontières.

Rejet de fumée par une centrale nucléaire
De nombreuses centrales nucléaires sont encore en activité à travers le monde.

Cette année, l’exercice portait sur un accident dans la centrale nucléaire de Paks, en Hongrie. Une panne de courant dans l’installation et deux incidents ayant entraîné chaque fois une perte de liquide de refroidissement dans les blocs 1 et 2 y étaient signalés successivement. Certains groupes électrogènes diesels de secours n’ayant pas fonctionné ou seulement brièvement, le refroidissement des réacteurs ne pouvait plus être assuré. La centrale nucléaire déclenchait une alerte générale, qui était transmise à tous les États membres via l’AIEA. Peu de temps après, de la radioactivité s’échappait de la centrale en direction du sud-est.

À la réception de l’avis d’alerte générale, le collaborateur de piquet à la CENAL a mobilisé l’ensemble du personnel. En l’espace de 30 minutes, il y avait suffisamment de personnes présentes pour occuper tous les postes prévus dans le local de conduite. Lors de cette intervention, des représentants de toutes les sections de la CENAL (Intervention radioactivité, Suivi de la situation, Centre d’annonce et de suivi de la situation, Stratégie et coordination, Communication en cas d’événement, Opérations et Systèmes d’intervention) étaient présents. Afin d’assurer le même niveau d’information à tous dès la phase initiale, un rapport a été organisé dans les minutes qui ont suivi. Les différents responsables ont recueilli les premières informations sur la situation et commencé dans le même temps à contacter les organisations partenaires.

L’analyse de la situation météorologique a permis d’exclure le risque d’une augmentation de la radioactivité en Suisse. La priorité a donc été donnée aux mesures de sécurité et d’information visant les ressortissants suisses dans la région touchée. C’est pourquoi la CENAL a collaboré étroitement avec le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Le chef d’intervention en réunion avec une collaboratrice du Groupe Communication en cas d’événement.
Le chef d’intervention discute de la marche à suivre avec le Groupe Communication en cas d’événement.

Diverses conférences téléphoniques ont été organisées sous la houlette de la CENAL. Ces conférences visaient à assurer le même niveau d’information parmi les partenaires et à coordonner les mesures mises en œuvre, par exemple l’acheminement du matériel de réserve préparé en Suisse (comprimés d’iode, appareils de mesure, etc.) aux représentants de la Suisse sur place. L’envoi de matériel a été organisé d’entente avec la CENAL et le Centre de gestion des crises KMZ. Cette opération a été réalisée conformément à la procédure standard de la Gestion fédérale des ressources (ResMaB). Pour que le matériel puisse être envoyé le plus rapidement possible, l’intervention et la collaboration entre les partenaires nationaux et internationaux devaient être coordonnées. Ce travail de coordination a été assuré par la CENAL. À cet effet, la CENAL était en contact avec tous les partenaires et leur donnait régulièrement des informations sur la situation et ses développements et synchronisait les activités des organisations impliquées. Chaque organisation pouvait ainsi se concentrer sur ses propres tâches.

Les différents groupes travaillent de concert.
Une collaboration active entre les différents groupes est le préalable nécessaire à un exercice efficace.

Comme l’exercice était centré sur la collaboration dans l’urgence et les premiers processus en matière de communication, le nombre de messages entrants a sensiblement diminué au deuxième jour. Le risque de nouveaux rejets de radioactivité à l’extérieur de la centrale endommagée a pu être écarté.

« Les exercices internationaux comme ConvEx3 permettent de renforcer la collaboration entre la CENAL et ses partenaires en Suisse et à l’étranger et de tester de nouveaux concepts. La CENAL peut en tirer des enseignements précieux », a estimé la cheffe de l’exercice Annina Frischknecht. En outre, la disponibilité opérationnelle et les différents processus au sein des groupes de coordination peuvent être testés dans le cadre de ces exercices. Le scénario de l’exercice ConvEx3 était axé sur l’évaluation globale de la situation, le fonctionnement des voies de transmission des messages entre les autorités, la protection des Suisses de l’étranger et la collaboration avec les partenaires suisses et étrangers.

Pour savoir en plus

Centrale nationale d’alarme CENAL

MeteoSuisse – Météorologie pour les accidents nucléaires

RANET

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